Un cheval adulte produit entre 8 et 12 kg de crottins par jour, soit plusieurs tonnes de déjections à l’année. Face à ce volume, beaucoup de propriétaires improvisent, parfois au détriment de la santé de leur animal et de la qualité de leurs prairies. Pourtant, un entretien régulier du pâturage reste l’un des leviers les plus efficaces pour protéger un cheval.
Des risques sanitaires concrets, souvent sous-estimés
Les crottins laissés en place constituent le principal réservoir de parasites internes : strongles, oxyures, ascarides. Leurs larves infestantes se développent dans les matières fécales et contaminent l’herbe en quelques jours, surtout par temps doux. L’Institut Français du Cheval et de l’Équitation (IFCE) recommande d’ailleurs le ramassage régulier comme mesure de lutte raisonnée contre les parasites, en complément ou en alternative aux traitements anthelminthiques.
Les crottins attirent aussi les mouches, notamment les stomoxes, sources de stress chronique et vecteurs de maladies. Et le comportement naturel du cheval aggrave le problème : il refuse instinctivement de brouter près de ses déjections, créant des zones délaissées qui peuvent représenter jusqu’à 30 à 40 % de la surface utile d’une prairie non entretenue.
Quel outil choisir selon la configuration du terrain ?
Pour un paddock ou une petite parcelle, la fourche et la brouette restent la solution la plus accessible. Comptez toutefois entre 15 et 30 minutes par hectare selon la densité d’animaux et la fréquence du passage. Sur les grandes surfaces ou pour les structures accueillant plusieurs chevaux, ce temps peut vite devenir incompatible avec le reste des tâches.
C’est là qu’un ramasse crottin mécanique prend tout son sens. Ces balayeuses tractées, conçues pour être attelées à un quad, un micro-tracteur ou un tracteur, équipées de brosses rotatives ou de systèmes de collecte, permettent de couvrir de grandes surfaces avec homogénéité et sans effort physique excessif. Elles s’adressent aussi bien aux haras et centres équestres qu’aux propriétaires gérant plusieurs hectares de pâturage.
La fréquence idéale de ramassage reste de deux à trois fois par semaine en saison de pâturage, et quotidienne en paddock. Plus le rythme est soutenu, plus l’efficacité sur la charge parasitaire est notable.
Un sol mieux entretenu, une prairie plus productive
Au-delà de la santé animale, l’entretien régulier du pâturage préserve la qualité agronomique de la prairie. Les crottins non ramassés brûlent l’herbe par excès d’azote et d’ammoniac, créant des refus persistants et appauvrissant progressivement la flore. Un ramassage suivi d’un hersage et d’un roulage permet à l’inverse de maintenir une prairie homogène et productive, limitant le recours aux semences de regarnissage.
Les crottins collectés, riches en azote et en minéraux, peuvent par ailleurs être compostés pour en faire un amendement de qualité, valorisable au jardin ou cédé en circuit court. Un complément utile à une gestion d’ensemble cohérente.
Entretenir sa pâture, c’est finalement investir dans le confort durable de son cheval autant que dans la pérennité de ses prairies.


